Le temps d’écran :
une question de santé globale

Ce court texte traite d’un sujet très actuel dans notre société : le temps d’écran.

Vous en avez probablement entendu parler à maintes reprises. C’est un sujet qui peut sembler redondant. Mais si on vous disait que le temps passé devant les écrans peut avoir des conséquences sur la santé globale chez nos jeunes, cela susciterait-il davantage votre attention?

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) s’est penché sur la question. Une multitude d’études menées auprès des jeunes révèlent que ceux-ci consacrent une bonne partie de leur temps aux écrans, pour le plaisir, bien sûr, mais aussi simplement par ennui.

Les jeunes rapportent d’ailleurs que si des activités accessibles, intéressantes et adaptées à leur réalité étaient davantage disponibles, leur temps d’écran pourrait diminuer.

Des répercussions sur la santé physique

L’INSPQ soulève plusieurs enjeux liés à l’utilisation des écrans chez les jeunes.

L’utilisation des écrans « par défaut », notamment pour meubler le temps ou combler l’ennui, peut empiéter sur des activités bénéfiques pour la santé, comme l’activité physique, les loisirs, les activités créatives et les activités intellectuelles.

Le problème n’est donc pas nécessairement l’écran en lui-même, mais plutôt la place qu’il occupe dans notre quotidien et ce qu’il vient parfois remplacer.

Et la santé mentale?

Le temps d’écran peut également avoir des répercussions sur la santé mentale. Les jeunes eux-mêmes rapportent différents enjeux liés à leur utilisation des écrans et des réseaux sociaux, notamment :

  • une altération du sommeil, puisque certains se couchent plus tard pour continuer à regarder des vidéos ou à « scroller ». L’utilisation des écrans en soirée, notamment en raison de la lumière et de la stimulation qu’ils procurent, peut également nuire à l’endormissement et à la qualité du sommeil;
  • un isolement social, lorsque les écrans prennent la place des interactions en personne, ou lorsque le harcèlement et la cyberintimidation deviennent un enjeu;
  • la comparaison sociale, particulièrement sur les réseaux sociaux, qui peuvent donner une image irréaliste de la vie des autres;
  • l’exposition à la mésinformation, qui peut être particulièrement préoccupante lorsqu’il est question de santé;
  • l’exposition à des contenus pouvant encourager des comportements dangereux ou violents.

Jusqu’ici, rien de très étonnant, me direz-vous. Beaucoup de parents connaissent déjà certains de ces risques et ont même tenté d’instaurer des règles à la maison afin de limiter le temps d’écran.

Mais les jeunes interrogés dans le cadre des travaux de l’INSPQ soulèvent un élément particulièrement intéressant : ils constatent parfois une discordance entre les règles qui leur sont imposées et les habitudes de leurs parents.

Ils peuvent trouver difficile de devoir réduire leur temps d’écran lorsque leurs parents continuent eux-mêmes à utiliser fréquemment leur téléphone, leur tablette ou leur ordinateur.

Et si on le faisait… en famille?

Si l’objectif est de réduire le temps d’écran et surtout de maintenir cette réduction à long terme, pourquoi ne pas en faire un projet familial?

Plutôt que de simplement dire aux enfants : « Pose ta tablette », « Éteins la télévision » ou « Va jouer dehors », on peut réfléchir ensemble à ce qu’on pourrait faire à la place.

Et nul besoin de chercher très loin! Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, de nombreuses possibilités permettent de bouger, de découvrir notre région, de jouer et de passer du temps en famille, souvent gratuitement ou à faible coût.

Quelques idées :

  • Faire une randonnée en famille au parc de la Rivière-du-Moulin, au Centre plein air Bec-Scie ou dans l’un des nombreux sentiers de la région;
  • Faire une promenade à vélo sur une piste cyclable ou découvrir une petite portion de la Véloroute des Bleuets;
  • Aller jouer dans un parc ou aux jeux d’eau, notamment dans les différents parcs municipaux de Saguenay;
  • Profiter de la bibliothèque : les bibliothèques de Saguenay proposent régulièrement des activités familiales, des heures du conte, du bricolage, des jeux et différentes animations;
  • Aller marcher près d’un lac ou d’une rivière, apporter une collation et transformer la sortie en petit pique-nique;
  • Explorer le Lac-Saint-Jean, en faisant une courte randonnée, une balade à vélo ou simplement une sortie à la plage;
  • Faire une promenade avec le chien et laisser les enfants choisir le parcours;
  • Aller à la piscine, au bain libre ou à la patinoire, selon la saison;
  • Faire une chasse au trésor extérieure : trouver cinq feuilles différentes, une roche particulière, un oiseau, quelque chose de rouge, etc.;
  • Découvrir un endroit de la région que les enfants ne connaissent pas encore, même pour une heure seulement;
  • Cuisiner ou préparer une nouvelle recette ensemble;
  • Faire du bricolage, du dessin, de la peinture ou de la musique;
  • Jouer à des jeux de société, aux cartes ou à des jeux de construction;
  • Faire un casse-tête;
  • Jardiner ou réaliser un petit projet extérieur;
  • Organiser une soirée « sans écran » et laisser chaque membre de la famille choisir une activité;
  • Ou tout simplement aller prendre une marche après le souper, jouer dehors quelques minutes ou prendre le temps de discuter ensemble.

Et surtout, les enfants n’ont pas besoin d’un horaire rempli d’activités coûteuses ou extraordinaires. Une promenade après le souper, une partie de ballon dans la cour, une sortie à la bibliothèque ou quelques minutes passées à jouer ensemble peuvent déjà faire une différence.

La réduction du temps d’écran ne devrait donc pas être uniquement une règle imposée aux enfants. Elle peut devenir une occasion pour toute la famille de revoir ses habitudes et de retrouver davantage de temps pour bouger, créer, socialiser et simplement être ensemble.

Après tout, si nous souhaitons que nos enfants développent de saines habitudes numériques, le meilleur point de départ pourrait être de les adopter avec eux.

Et vous, où vous situez-vous?

Je vous invite à faire le point sur votre propre temps d’écran et à garder en tête les recommandations présentées par l’INSPQ :

  • Enfants de moins de 2 ans : éviter le temps d’écran.
  • Enfants de 3 à 4 ans : moins de 1 heure par jour.
  • Enfants et adolescents de 5 à 17 ans : moins de 2 heures par jour de temps d’écran récréatif.
  • Adultes de 18 ans et plus : limiter les activités sédentaires à moins de 8 heures par jour, dont idéalement moins de 3 heures par jour de temps d’écran récréatif.

Atteignez-vous ces recommandations?

Et surtout, plutôt que de chercher la perfection, pourquoi ne pas commencer par une petite modification? Un repas sans téléphone, une marche après le souper, une soirée sans écran ou simplement quelques minutes de jeu en famille.

Chaque petit changement peut être une occasion de bouger davantage, de créer des liens et de prendre soin de notre santé globale.

N’hésitez pas à interagir avec nous à ce sujet!

Par Éllie-Anne Thibeault, Infirmière

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